|
Résumé :
|
Dans cette réflexion sur le riz et la riziculture de la région tanala (Ikongo, Madagascar), l'auteur montre en partant d'une analyse diachronique des rapports entre mythe et société la complexité des liens existant entre milieu naturel, exploitation du sol, organisation socio-politique et idéologie. L'Ikongo était constitué de lignées indifférenciées politiquement indépendantes - du moins avant que ne s'établissent dans l'Ikongo des immigrants 'islamisés' venus de la côte est puis des nobles des hauts plateaux - d'essarteurs pour la culture de tubercules et pour celle de riz de montagne. L'arrivée au XVIIe siècle des nobles zafirambo, qui tentent d'imposer une riziculture humide peu adaptée aux conditions écologiques, marque une primauté de l'idéologie et du politique dans le cadre de 'royaumes'. Au XIXe siècle, la combinaison d'un syncrétisme idéologique et d'un équilibre politique entre nobles et roturiers - accompagnée de la possession d'esclaves par les deux groupes - avec des facteurs écologiques, contribue, en même temps que l'immigration de lignées d'origine betsileo, au développement d'une culture sur rizières humides aménagées ainsi qu'à la transformation des rapports sociaux, en matière d'habitat, de tenure foncière et d'organisation du travail. Pour la majorité des familles tanala cependant, le 'tavy' (brûlis sur une défriche forestière) représentait toujours un mode de production essentiel en même temps qu'un mode de vie 'idéal'. Bibliogr., notes, réf., rés. en anglais et en malgache.
|