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Résumé :
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Le nord de Madagascar offrait, sous la colonisation, des conditions propices à l'instabilité sociale et à la criminalité. En 1903, une série de meurtres contre des colons souleva la région dans une agitation retentissante jusqu'au Parlement français. Une enquête approfondie révélera qu'il s'agissait principalement de vengeances de voisins ou d'employés des colons. Cette réaction violente, rare à Madagascar, s'explique par une influence musulmane et par la présence de migrants Antaimoro venus du Sud-Est, une main-d'œuvre instable et réticente aux mauvais comportements d'une colonisation mesquine et misérable. Les colons créoles réussirent à politiser le problème à Paris, obtenant de Gallieni un contrôle renforcé des populations. Le Nord devient ainsi un laboratoire de synthèse entre méthodes politiques civiles et héritage militaire, tous deux constituant le pouvoir colonial, lui aussi fondé sur la responsabilité collective des villages. Cependant, le taux de criminalité dans la région resta élevé, conséquence normale de l'ordre colonial, complété plus tard par l'agitation politique.
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